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Les personnes âgées et le deuil des animaux de compagnie :



Article rédigé par le Dre Annique G. Lavergne, Ph.D., psychologue dans le magazine animal Vol. 6 No 3
Publié avec l'aimable autorisation de l'auteure


       L’évolution de la technologie du 20e siècle, les changements dans la mobilité sociale et physique de notre société ainsi que l’accroissement de la pensée individualiste ont tous contribué à la rupture des liens traditionnels qui, par le passé, ont lié les individus à la famille et à la communauté. En ce qui concerne la population vieillisante de notre société, ces changements ont fait en sorte que l’accomplissement du désire humain d’être impliqué dans la communauté ( aider les autres ), de s’engager ( interaction avec les concitoyens ) et de compter l’un sur l’autre ( partage des responsabilités ) sont devenus sévèrement limités. Étant donnée ce contexte, il n’est pas rare chez les individus de combler ces désirs par une présence des animaux de compagnie. Les personnes âgées deviennent rapidement conscientes des bénéfices qu’apporte la présence des animaux de compagnie dans leur vie ; ces derniers s’avèrent souvent être les seuls compagnons qui leur sont disponibles, surtout chez les personnes âgées qui habitent seules.



La contribution des animaux chez les personnes âgées

       Des témoignages sont rapportés à l’effet que certaines personnes âgées ont retrouvé le goût de vivre suite à une période dépressive grâce à l’attachement et à la fidelité de leur animal de compagnie. Plusieurs avouent que leur animal se trouve être une des seules raisons qui les incitent à se lever le matin. En fait, une grande partie de la journée de ces individus est consacrée aux soins de l’animal ( ex. : alimenter l’animal, lui faire faire de l’exercice, voir à sa toilette, jouer avec lui ). De plus, la présence d’un animal de compagnie auprès de la personne âgée peut lui procurer un sentimenet de sécurité. Par exemple, l’aboiement de l’animal peut décourager les cambrioleurs et avertir lorsqu’une personne se présente à la porte, ou même, l’animal peut s’agiter et prévenir son maître dans le cas d’un incendie ou d’une catastrophe quelconque.

       Être le maître d’un animal de compagnie peut également occasionner des interactions sociales avec d’autres individus. Lors de promenades, par exemple, plusiques inconnus de tous âges peuvent commenter la race de l’animal, sa personnalité et son comportement. Enfin, était donné que les personnes âgées habitant seules sont souvent privées d’interaction humaine, les animaux de compagnie fournissent une source de stimulation tactile, affectueuse et chaleureuse.


Les conséquences de la perte

       Lorsque l’animal de compagnie décède, les routines et les simples plaisirs de la vie quotidienne sont sérieusement diminués et ce, particulièrement chez les personnes âgées. Ces dernières se retrouvent soudainement seules, sans compagnie et sans la présence d’un être cher à qui elles pouvaient prodiguer des soins et de l’affection.

       Parfois, l’animal de compagnie représentait un lien symbolique avec le passé de la personne âgée. La responsabilité des soins de l’animal était souvent partagée avec un conjoint qui est maintenant décédé. Ainsi, la perte de l’animal peut ramener à la surface les souvenirs du conjoint décédé, suscitant ainsi une tristesse supérieure à celle reliée à l’attachement à l’animal. Par exemple, la personne âge peut se remémorer les moments agréables qu’elles partageait avec son conjoint et l’animal en pensant combien ce dernier était heureux d’accueillir son maître à la porte le soir lorsqu’il rentrait.

       Les animaux de compagnie peuvent aussi jouer un rôle en tant que substitut d’enfant lorsque les enfants des personnes âgées ont grandi et quitté le domicile familial. Ainsi, les personnes âgées peuvent raconter une multitude d’histoires reliées aux souvenirs de leurs enfants et/ou de leur conjoint. Certaines personnes peuvent trouver éprouvant d’écouter les histoires parfois répétitives des personnes âgées, contrairement à l’animal qui, lui, ne cesse jamais d’écouter. La perte de ces derniers à donc la conséquence d’accroître la solitude des personnes âgées et leur enlève ainsi ce qui est souvent leur seul fidèle compagnon.