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Quand reprendre un second animal de compagnie
Mon histoire...


       Lorsque ma chienne Zirka est décédée et que je me suis retrouvée toute seule à la maison avec ma peine, mon premier réflexe fut d’aller chercher un autre chien. Je ne voulais pas n’importe quel chien ; je voulais la copie conforme de Zirka. Comme vous le devinez, c’était impossible, et c’est pourquoi j’allais de déceptions en déceptions. Ce réflexe est normal à ce moment car le vide immense laissé par la perte de notre animal nous fait souffrir et on veut étouffer cette souffrance, la fuir à tout prix. On ne veut pas voir la réalité en face.

       On parcourt donc les petites annonces, en espérant trouver cette copie exacte de l’être cher qui nous a donné tant de bonheur. Toute cette énergie, physique et émotionnelle, est dépensée en vain car à chaque fois que l’on croit avoir trouvé un remplaçant il, malgré tout nos efforts et les siens, ne répond pas aux critères que nous nous étions fixés et on retourne à la maison avec une blessure de plus.

       L’autre alternative, quand on ne cherche pas une copie conforme de notre précédent chien, est le chien de remplacement. C’est ce que j’ai fait avec ma Leïla, que j’ai même nommée Leïla-Zirka, pour retrouver un peu de ma Zirka en elle. Ce choix de reprendre n’importe quel chien n’était pas l’aboutissement d’une longue réflexion. On prend celui qui est là, le premier, le plus accessible, sans se poser de questions. Et bien sûr on se fait un devoir de l’aimer. Mais cet amour est forcé. Non pas parce que vous êtes méchants que vous négligez ce chien, mais bien parce que vous n’avez pas encore accepté la réalité. Vous cherchez encore à combler un vide.

       Le matin où j’ai décidé de prendre Leïla-Zirka, j’ai vu en lisant les petites annonces un encadré disant « chiots de 3 mois à vendre ». Je suis arrivée sur place dans l’après-midi et immédiatement après je suis repartie avec un chiot. Je me suis dit que si je prenais un chien d’une autre race que celle de Zirka, j’avais plus de chances de repartir du bon pied et que j’arriverais à combler le vide. C’était une grave erreur. Leïla était bien mal partie avec moi… Comme mon deuil n’était pas encore fini, je comparais sans cesse Leïla à Zirka. La première avait tous les défauts de la terre et la seconde avait toutes les qualités, un vrai ange.

       Le nouveau chien ressent nos émotions les plus intimes et il existe un danger pour que certains chiens développent des problèmes de comportement dans cette situation. Même si on veut couvrir ce nouveau chien d’amour, on le rejette inconsciemment par notre attitude. Ou le contraire se produit : on ne veut tellement pas perdre ce nouveau chien qu’on le surprotège. Dans cette situation, certains chiens peuvent développer de l’hyperattachement vis-à-vis de leur maître. Toute notre culpabilité et notre peur fait en sorte qu’on donne tout à notre nouveau protégé, qui devient un chien gâté et tyrannique envers les autres membres de la famille.