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Quand reprendre un second animal de compagnie
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       Aujourd’hui, Leïla est pour moi une chienne attachante. Elle m’a appris comment regarder à l’intérieur de moi. Pour que j’arrive à avouer ces choses sur Leïla, certaines personnes ont du être honnête avec moi. Ils m’ont fait comprendre que mon attitude envers Leïla était néfaste pour nous deux. Leïla ne pourrait jamais égaler Zirka en performance. Par contre elle m’a appris comment faire face à la vie. Les histoires de chien de remplacement ne se déroulent pas toujours comme la mienne. La plupart finissent dans un refuge ou sont euthanasiés.

       J’allais donc un peu mieux lorsqu’en mai 2002 je me suis fais diagnostiqué un cancer et tout s’est effondré. J’ai décidé de « planifier » mon départ en donnant Leïla-Zirka à mon fils, dans l’espoir qu’elle apaise un peu sa peine et lui donne du courage. Les mois ont passé et j’ai réalisé que la vie ne tenait qu’à un fil et qu’il vallait mieux en profiter « ici et maintenant ». J’ai décidé de vivre ce que j’avais envie de vivre et d’arrêter de m’en faire une fois pour toute avec ce deuil canin qui semblait sans fin.

       En septembre 2002, je me suis procurée un danois, la même race que Zirka. Si j’ai décidé de prendre ce chien, c’est parce que quand je suis entrée dans l’enclos des chiots chez l’éleveur, je n’ai pas ressentie une peine profonde comme je m’y attendais, mais plutôt une paix intérieure que je ne croyais pas possible. Dans les yeux de ces chiots, je ne voyais plus Zirka mais bien d’autres danois avec leur personnalité propre. Je ne recherchais plus une copie de Zirka mais bien un autre chien qui pourrait tout autant m’apporter de la joie et du courage. Mais comme je m’y attendais quand même un peu, j’ai eu des « rechutes » et plusieurs instants de tristesse et de déceptions avec ce nouveau chien.

       À cette époque je ne savais toujous pas si je survivrais à mon cancer. Je me suis donc dit que le temps qu’il me restait, je voulais le passer avec un danois. Opale ( c’est son nom! ) m’a obligé à bouger, à sortir de mon lit et à accepter les traitements contre le cancer car je voulais les abandonner. Elle m’a obligé à voir la vie autrement, car elle avait besoin de moi et j’avais besoin d’elle. Maintenant que j’y repense, je crois que c’était plus fort que moi : malgré ma famille, mes amis et mes autres chiens, je ne pouvais pas continuer à me battre. Il m’a fallu un danois.

       Un deuil pathologique est un deuil qui n’avance pas, qui ne progresse pas vers la guérison. Les gens sont bloqués à un certain niveau du processus de deuil et ils peuvent y rester durant des années et même le restant de leur vie. C’est entre autre les gens qui ne peuvent plus aimer un autre animal. Il y a aussi ceux qui ne veulent tout simplement plus en aimer un autre car ils ont l’impression de trahir celui qui est décédé. Même si notre chien n’existe plus physiquement, notre amour pour lui et le sien pour nous ne meurt jamais. Pour honorer sa mémoire et pour nous faire du bien, il faut prendre le temps d’aimer, de soigner et d’éduquer un autre animal qui ne demande qu’a entrer dans notre vie et à être accepté tel qu’il est : un autre chien.



Vous pouvez communiquez avec moi à cette adresse : zirka@sympatico.ca