Quand Zirka est décédée, mes premières paroles furent : « Je ne m’en sortirai jamais… ». Le lendemain, sans savoir que j’étais dans le processus de survie, j’ai envoyé un bouquet de fleurs à mon vétérinaire et aux personnes qui occasionnellement gardaient Zirka, en signe de reconnaissance. Cela m’a donné un certain réconfort.
La terre venait se s’écrouler sous mes pieds. Je ne perdais pas seulement un chien : le décès de Zirka m’enlevait ma confidente, ma fierté, mon amie loyale, ma protectrice et ma compagne qui était toujours là pour m’accueillir. Un vide immense et douloureux venait de submerger ma vie.
Si votre animal est décédé il y a quelques heures ou quelques jours, je comprends bien que vous ne vous imaginez pas aller mieux dans l’immédiat. Peut-être vous dites-vous « Jamais plus je ne veux un autre animal », « Je ne veux pas aller mieux! Ma peine est la seule chose qui me reste », « Comment vais-je survivre à cette tempête intérieure qui se déchaîne dans mon esprit? ». Il est normal d’avoir ce genre de dialogue avec nous-mêmes. Ce que je peux vous dire c’est qu’avec du temps et un bon travail de deuil, vous vous sentirez mieux. Mais la première chose à faire, c’est de faire face à votre souffrance et la vivre, entouré de gens qui ont vécu un deuil canin comme le vôtre.

Je vais vous raconter ma survie. Bien sûr, le processus de survie de chacun est différent pour chacun car certaines réactions ne sont pas généralisées. Tout dépend de votre personnalité et aussi de la relation que l’on avait avec notre animal domestique. Ma première journée de deuil, je l’ai passée au lit à dormir et à pleurer comme un enfant perdu. Mon lit était devenu ma tanière, un refuge pour je puisse panser mes blessures. Sans cesse je revoyais la mort de Zirka, au ralenti, seconde par seconde. Je profitais de mes courts moments de sommeil pour récupérer mes forces, pour affronter une journée de plus. Cette période où je me suis réfugiée ainsi a duré 2 semaines.

La première semaine, le premier mois et la première année furent des jours remplis de petits deuil, avec lesquels j’ai du apprendre à vivre pour finalement les accepter. Avec le tourbillon de la vie, avec le travail, la maison, les enfants et le couple, je n’avais pas le choix : j’ai du mettre mon chagrin en quarantaine. Lorsque le poids de la souffrance devenait trop lourd, je me permettais une petit congé, et je pleurais autant que j’en avais envie. Ces journées-là étaient très précieuses pour ma survie. J’évacuais ainsi le trop plein, je me permettais de m’exprimer haut et fort.

Je me souviens d’avoir appelé mon vétérinaire pour lui faire part de ma colère. D’ordinaire je ne me confie pas facilement aux autres, mais cette journée-là j’avais besoin de lui parler. Je lui ai dit : « Si je ne te dis pas ce que j’ai sur le cœur, je vais m’étouffer avec… je suis démunie devant tout ce mal, ce grand vide ». Mon premier pas fut donc d’exprimer et d’identifier ma douleur pour pouvoir mieux la gérer. Comment le faire, voilà la grande question. Je me suis entourée d’amis qui étaient capables de me voir en détresse, qui étaient capables de m’écouter sans dire un seul mot, qui étaient capables d’être là, tout simplement.